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Texte à méditer :  La réalité doit beaucoup à l'imagination.  L. Frank Baum

Les 3 dernières histoires

L'affaire de la rue des Marmousets - le 10.01.2021 » 09:47 par   Chantal_Belgique



Paris 1384. Nous sommes au niveau de deux boutiques, tenues l'une par un barbier et l'autre par un pâtissier, à l'angle de la rue des Marmousets et de la rue des Deux-Hermites à Paris (deux voies urbaines supprimées en 1866 avec la construction de l'Hôtel-Dieu). Le curieux qui voudrait aujourd'hui ressentir un léger et délicieux frisson de terreur le parcourir en se rappelant les terribles faits pourra, après avoir lu cette histoire, se rendre à l'intersection des actuelles rue Chanoinesse et rue de la Colombe pour espérer humer le parfum macabre de « l'affaire des pâtés sanguinaires ».


Dans sa boutique, le barbier recevait des clients rasés de si près qu'on ne les voyait plus jamais en ressortir par la porte. Et pour cause. Après avoir été proprement égorgés et dépouillés, ils passaient par une trappe conduisant directement à la cave du pâtissier qui les dépeçait, les débitait et les assaisonnait pour en farcir de délicieux pâtés en croûte si connus et appréciés dans la capitale que même le roi Charles VI s'en serait délecté. Les étudiants du chapitre de Notre-Dame constituaient une excellente « source d'approvisionnement » pour alimenter en ingrédients humains cette gastronomie de l'horreur.
Mais voilà, le chien de l'une des victimes finit par attirer l'attention. Ses aboiements intempestifs devant l'échoppe finirent par mettent la puce à l'oreille de la maréchaussée. En pénétrant chez le pâtissier, ils découvrent les deux complices à l'oeuvre... L'un était en train de dépecer un cadavre fraîchement égorgé pendant que l'autre s'employait à broyer et hacher la chair afin de confectionner la farce devant servir à la préparation des pâtés en croûte.
Pris en flagrant délit, les deux complices furent condamnés à mort et brûlés vifs dans des cages de fer en place de Grève.


Après l'exécution des deux criminels en 1837, leurs maisons furent détruites. Pendant un siècle, jusqu'en 1536, on pouvait trouver à la place une pyramide expiatoire. Des curieux se rendent encore au 20, rue Chanoinesse (anciennement rue des Marmousets) pour y découvrir les lieux du crime.


Cette affaire criminelle fut relayée par plusieurs historiens mais il n'existe pas de documents officiels relatifs à cette affaire
Seule une chronique publiée en 1612 par un prieur de Jacques du Breul (1528-1614), rapporte la rumeur d'actes monstrueux qui seraient survenus dans cette rue vers 1430 : « C'est de temps immémorial, que le bruit a couru qu'il y avait en la Cité de Paris, rue des Marmousets, un pâtissier meurtrier, lequel ayant occis en sa maison un homme, aidé à ce par un sien voisin Barbier, feignant raser la barbe : de la chair d'icelui faisait des pâtés qui se trouvaient meilleurs que les autres, d'autant que la chair de l'homme est plus délicate, à cause de la nourriture, que celle des autres animaux. Et que cela ayant été découvert, la Cour de Parlement ordonna qu'outre la punition du Pâtissier, sa maison soit rasée, et outre ce une pyramide ou colonne érigée audit lieu, en mémoire ignominieuse de ce détestable fait : de laquelle reste encore part et portion en ladite rue des Marmousets. »


Avec le temps, l'affaire de la rue des Marmousets aussi connue comme la légende du barbier et du pâtissier sanguinaires est devenue une légende.

  


Avec le temps, l'affaire de la rue des Marmousets
aussi connue comme « le barbier et le pâtissier sanguinaires » est devenue une légende.
Alors... A vous de juger !