Texte à méditer :  Tous les pays qui n'ont plus de légende seront condamnés à mourir de froid.   Patrice de La Tour du Pin

Coureur... de vin


Le 1 janvier 1784, la reine Marie-Antoinette (1755-1793) signait un brevet de nomination dont voici les passages essentiels : Sur le bon et favorable rapport qui nous a été fait du sieur Charles Pelletier, de son zèle et affection à notre service, nous le retenons en la charge de coureur de vins vacante par le décès du sieur Chevalier, dernier pourvu d'icelle... pour en jouir et user aux honneurs, autorités, prérogatives, privilèges, franchises, libertés, gages, droits, fruits, profits, revenus et émoluments accoutumés... car tel est notre bon plaisir. L'acte est rédigé sur parchemin et signé par Marie-Antoinette elle-même, de cette grosse écriture un peu enfantine dont elle n'a jamais su se défaire.

Coureur de vin... l'office peut sembler modeste. Il consistait en effet, et uniquement, à suivre la Reine dans tous ses déplacements en portant dans une serviette du pain, un flacon de vin et quelques victuailles, au cas où Sa Majesté aurait été prise de fringale au cours de la chasse ou de tout autre voyage. Les « coureurs de vin » de la reine — au nombre de quatre — étaient d'autant moins occupés que Marie-Antoinette accompagnait rarement son époux à travers les halliers de la forêt de Marly ou de Saint-Germain. Mais c'était là un de ces innombrables services domestiques dont les titulaires peuplaient le Palais de Versailles et constituaient une véritable classe sociale à laquelle on pourrait à juste titre donner, comme au théâtre, le nom d' « utilités ». Et de fait, Versailles n'était-il pas devenu, au XVIIIe siècle, un immense théâtre, un théâtre dont on connaît fort bien les premiers rôles, et fort mal cette troupe de figurants ?


Date de création : 10.12.2023 » 15:50
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