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Texte à méditer :   Le bleu profond attire l'homme vers l'infini, il éveille en lui le désir de pureté et une soif de surnaturel.   Vassily Kandinsky

Les 3 dernières histoires

L'homme de Somerton - le 13.06.2021 » 09:52 par   Chantal_Belgique


Nous sommes le mardi 30 novembre 1948 et 19 heures sonnent. Par cette chaude soirée, le bijoutier John Bain Lyons et sa femme décidèrent d'aller faire un tour sur la plage de Somerton, une station balnéaire à quelques kilomètres au sud d'Adélaïde en Australie. Alors qu'ils marchaient vers Glenelg, ils virent un homme en costume allongé dans le sable, la tête contre une digue. Il était étendu là, à une vingtaine de mètres d'eux, les jambes croisées. Tandis que le couple le regardait, l'homme leva lentement son bras droit avant de le laisser retomber sur le sable. Le bijoutier pensa qu'il était saoul et qu'il essayait de d'allumer une cigarette.
Une demi-heure plus tard, un autre couple remarqua ce même homme, toujours étendu dans la même position. Une femme se pencha au-dessus de lui. Elle constata que son costume était impeccable et qu'il portait des chaussures neuves si brillantes qu'on pouvait se voir dedans – que voilà une bien étrange tenue pour aller à la plage –. Il était immobile. Le couple se dit alors qu'il était endormi. Des dizaines de moustiques voletaient au-dessus de sa tête. Il doit être vraiment mort de fatigue pour ne pas les remarquer, plaisanta le petit ami de la jeune femme.
Il fallut attendre le lendemain matin pour se rendre compte qu'il ne croyait pas si bien dire. L'homme n'était pas seulement mort de fatigue, il était mort. Après avoir nagé quelques longueurs, John Lyons vit plusieurs personnes attroupées près de la digue où il avait aperçu « le soûlard » la veille au soir. Il se dirigea vers elles et vit une silhouette allongée dans la même position, tête appuyée contre la digue et jambes croisées. Mais à présent, le corps était froid. Il n'y avait pas la moindre trace de violence. Une cigarette à moitié consumée était posée sur son col, comme si elle était tombée de sa bouche.



Le corps arriva au Royal Hospital d'Adélaïde 3 heures plus tard. Là, le docteur John Barkley Bennett évalua l'heure de la mort à 2 heures du matin. Selon lui, la cause du décès était sans doute une insuffisance cardiaque, mais il soupçonnait un empoisonnement. Le contenu de ses poches fut disposé sur la table : des tickets pour rallier Adélaïde à la plage, un paquet de chewing-gum, quelques allumettes, deux peignes et un paquet de cigarettes Army Club qui en contenait sept d'une autre marque plus chère, des Kensitas. Il n'y avait ni portefeuille, ni argent liquide, ni carte d'identité. Aucun des vêtements de la victime ne portait d'étiquette avec son nom inscrit dessus. En vérité, toutes les étiquettes avaient été soigneusement retirées. Toutes sauf une. Une des poches de son pantalon avait été recousue avec un fil orange peu commun.
Une autopsie fut pratiquée le jour suivant. Les résultats des analyses post-mortem n'aidèrent pas les enquêteurs à y voir plus clair. L'autopsie révéla que ses pupilles étaient plus petites que la normale et d'aspect inhabituel, et qu'une goutte de salive avait ruisselé le long de la bouche de l'homme alors qu'il était allongé. Sa rate était anormalement grosse et dure. Le foie était gonflé et plein de sang.
Le pathologiste John Dwyer trouva dans l'estomac de la victime les restes de son dernier repas – une tourte à la viande et aux légumes –, ainsi que du sang. Ce détail venait corroborer la thèse de l'empoisonnement, même si rien ne prouvait que le poison ait été mis dans la nourriture. À présent, l'étrange comportement qu'avait eu la victime sur la plage – s'écrouler dans le sable vêtu d'un costume, lever puis laisser tomber son bras droit – ne semblait plus être lié à l'alcool. Cela ressemblait plus à l'attitude de quelqu'un ayant reçu une dose mortelle d'un produit à effet lent. De nombreux tests sanguins ainsi que des analyses sur les organes de la victime furent effectués, mais d'après les rapports de l'expert, les résultats n'ont révélé aucune trace de poison. J'ai été très surpris que l'expert ne trouve rien, confiait le pathologiste lors de l'enquête. À dire vrai, la cause de la mort ne put être déterminée.
Le corps révéla d'autres bizarreries. Les muscles de ses mollets étaient très développés : même s'il approchait la cinquantaine, l'homme avait toujours des jambes d'athlète. Ses orteils, en revanche, avaient une forme très étrange. Un expert laissa une note dans le dossier de l'enquête : Je n'ai jamais vu de toute ma carrière des muscles aussi développés... Et la forme de ses pieds était frappante, on aurait dit – et c'est ma théorie – qu'il avait pris l'habitude de marcher avec des talons hauts à bout pointu.
Quoi qu'il en soit, un rebondissement vint rendre l'affaire encore plus étrange.


Thomas Cleland, le médecin légiste d'Adélaïde, était face à une énigme. Un éminent professeur, Cedric Stanton Hicks, lui suggéra qu'il n'y avait qu'une seule solution au problème : un poison rare avait dû être utilisé. Pour lui, il ne pouvait s'agir dit-il que d'un poison qui se décompose très peu de temps après avoir provoqué la mort sans laisser de trace. Les seuls poisons capables d'un tel exploit étaient si dangereux et mortels que le professeur ne voulut pas prononcer leurs noms à haute voix au tribunal. Il écrivit alors les noms de deux d'entre eux sur une feuille de papier et la fit passer à Cleland. Il s'agissait du « digitalis » et du « strophanthin ». Pour Hicks, la deuxième suggestion était sans doute la bonne. Le strophanthin est un glycocide rare issu des racines d'une plante africaine. À l'origine, il était utilisé par une tribu peu connue de Somalie dont les membres se servaient pour empoisonner les pointes de leurs flèches.


La police poursuivit néanmoins l'enquête, plus perplexe que jamais. De nombreuses empreintes digitales furent collectées à travers tout le pays, puis dans tout le monde anglophone. Personne ne put les identifier. Des habitants d'Adélaïde furent escortés à la morgue dans l'espoir qu'ils puissent donner un nom à cet inconnu. Certains pensaient reconnaître la victime grâce à des photos publiées dans les journaux, d'autres étaient des proches désespérés à la recherche d'un membre de leur famille disparu, mais aucun ne reconnut le corps.
Le 11 janvier 1949, la police d'Australie méridionale avait suivi pratiquement toutes les pistes dont elle disposait et abandonné chacune d'elle. L'enquête fut alors élargie dans l'espoir de retrouver des objets oubliés ayant appartenu au défunt. Des bagages abandonnés pourraient par exemple donner la preuve que l'inconnu venait de l'étranger. Il fallait donc vérifier les hôtels, les teinturiers, le bureau des objets trouvés et les gares des environs. Rien. Mais le 12 janvier, les enquêteurs envoyés à la gare d'Adélaïde trouvèrent une valise marron qui avait été déposée dans le vestiaire le 30 novembre.
Les employés n'avaient aucun souvenir du propriétaire de la valise et son contenu n'était pas d'une grande aide. Elle renfermait une bobine de fil orange semblable à celui utilisé pour recoudre la poche du pantalon de la victime. À part cela, quelqu'un avait pris soin d'effacer toute trace de l'identité de l'inconnu. La valise ne portait ni autocollant ni marque distinctive, et une étiquette avait été arrachée sur l'un des côtés. Elles avaient été également retirées sur tous les vêtements, sauf trois. Ils portaient les noms de « Kean » ou « T. Kean », mais on ne trouva personne portant ce nom. D'après un journal d'Adélaïde, la police conclut que quelqu'un les avait laissés volontairement, sachant pertinemment que le nom de la victime n'était pas Kean ou Keane.
Le reste des affaires était tout aussi vague. Il y avait un kit de pochoirs du style de ceux qu'utilisait l'officier de la marine marchande en charge de peindre les noms des cargos, un couteau de table dont le manche était coupé, ainsi qu'un manteau recousu en point de plume, inconnu en Australie. Un tailleur a identifié ce point de couture comme étant américain, ce qui suggérait que le manteau, et sans doute son propriétaire, avaient voyagé durant la guerre. Mais aucun navire n'était venu de l'étranger et les dossiers de l'immigration n'avaient là encore rien donné.


La police fit venir un nouvel expert, John Cleland, professeur émérite en pathologie à l'Université d'Adélaïde, afin qu'il réexamine le corps et les objets personnels de la victime. En avril, soit 4 mois après la découverte de l'inconnu sur la plage, les recherches de Cleland aboutirent à la découverte d'un dernier indice qui se révélera être le plus déroutant de tous. Cleland découvrit une petite poche cousue à l'intérieur de la ceinture du pantalon de la victime. Les précédentes analyses l'avaient manquée, et plusieurs rapports d'enquête la qualifièrent de « poche secrète ». Une fois ouverte, on y découvrit deux mots, tapés dans une police élaborée. On pouvait lire : « Tamám Shud ».

Frank Kennedy, journaliste d'investigation pour « l'Adelaide Advertiser », reconnut la langue comme étant du perse. Il contacta la police et leur suggéra qu'ils se procurent une copie d'un livre de poésie : « Rubaiyat », d'Omar Khayyam. Son oeuvre, rédigée au XIIe siècle, était devenue populaire en Australie durant la guerre grâce à la traduction d'Edward Fitzgerald. Ce livre existait dans plusieurs éditions, mais les recherches de la police auprès des bibliothèques, éditeurs et autres librairies n'aboutirent à aucune correspondance typographique. Cependant, on pouvait dire que les mots « Tamám shud » provenaient de réflexions romantiques de Khayyam sur la vie et la mort. Il s'agissait en fait des derniers mots de la plupart des traductions anglaises, et qui signifiaient : « Tout est fini. »
Si ces mots étaient pris au pied de la lettre, la cause de la mort pouvait bien être le suicide. Et en réalité, la police ne fit jamais de cette affaire de « disparu » une affaire d'homicide. Cette découverte ne les aida pas à identifier l'inconnu, et le corps commençait à se décomposer.


Des dispositions furent prises pour les obsèques mais, consciente qu'elle se débarrassait de l'une des seules preuves dont elle disposait, la police demanda au préalable à ce que le corps fût embaumé et qu'on fît un moule de la tête et du torse du défunt. Après quoi le corps fut enterré, scellé sous du béton dans un endroit sec – le lieu avait été spécifiquement choisi – au cas où il faudrait l'exhumer.
En 1978, on pouvait parfois y voir des fleurs, mais personne ne savait qui les y avait laissées ni pourquoi.



Le Ci-gît l'homme inconnu qui fut trouvé à Somerton Beach le 1er déc. 1948


En juillet, soit 8 mois après le début de l'enquête, les recherches tournant autour du livre de poésie « Rubaiyat », commencèrent à porter leurs fruits. Le 23, un habitant de Glenelg entra dans le bureau de l'inspecteur avec une copie du livre et une histoire étonnante. En décembre, juste après la découverte du corps, il était parti faire un tour en voiture avec son beau-frère ; il avait garé sa voiture à quelques centaines de mètres de Somerton Beach. Le beau-frère avait trouvé une copie du livre « Rubaiyat » sur la banquette arrière. Chacun d'eux avait alors pensé que le livre appartenait à l'autre et celui-ci était depuis resté prendre la poussière dans la boîte à gants. Alertés par un article traitant de l'enquête, les deux hommes avaient alors décidé de jeter un coup d'oeil au livre. Ils découvrirent que l'ultime page avait été déchirée, ainsi que les derniers mots de Khayyam.
Le sergent Lionel Leane examina le livre avec minutie. Il trouva un numéro de téléphone inscrit au dos du livre. La police avait enfin une preuve solide à exploiter...


Bien que le numéro de téléphone se trouva sur liste rouge, la police apprit qu'il appartenait à une jeune infirmière vivant près de Somerton Beach. Comme pour les deux hommes de Glenelg, son identité ne fut jamais révélée au grand public, on ne la connaît que sous son surnom, « Jestyn ». [A savoir, la police australienne de 1949 essayait tant bien que mal de protéger les témoins qui étaient embarrassés d'être liés à cette enquête.] Jestyn donc admit qu'elle avait un jour offert une copie de « Rubaiyat », à Alfred Boxall, un homme qu'elle avait connu pendant la guerre. La police pensait en avoir enfin terminé avec cette affaire. Boxall était sans doute l'inconnu. Il suffit de quelques jours aux enquêteurs pour retrouver l'endroit où il vivait : Marouba, en Nouvelle-Galles du Sud. L'ennui, c'est que Boxall était toujours en vie et qu'il possédait toujours la copie « Rubaiyat » que lui avait offerte Jestyn. La dédicace de l'infirmière était toujours là, intacte. Le bout de papier retrouvé dans la poche secrète de la victime devait ainsi provenir d'ailleurs.
Il aurait été utile que la police d'Australie méridionale pose plus de questions à Jestyn, mais de toute évidence, elle ne le fit pas. L'interrogatoire gentillet qu'elle avait subi soulevait quelques questions. Entendue à nouveau, elle se rappela que l'année passée – elle ne se souvenait plus quand exactement –, alors qu'elle rentrait chez elle un soir, ses voisins l'avaient informée qu'un inconnu avait appelé et cherchait à la voir. Lorsqu'elle vit le moulage du visage de la victime, Jestyn sembla, selon le sergent Leane, « complètement stupéfaite et comme sur le point de s'évanouir. » Elle semblait reconnaître l'homme mais malgré tout, elle démentit formellement.
Le sergent Leane avait cependant remarqué un détail dans la copie du Rubaiyat qu'avaient apportée les deux hommes de Glenelg. Examinée sous ultraviolets, on pouvait voir cinq lignes dont les lettres étaient mélangées, la deuxième ligne ayant été raturée. Les trois premières lignes étaient séparées des deux dernières par deux lignes horizontales. Un « x » avait été écrit sur ces dernières. Cela ressemblait à un code.



Craquer un code d'après un petit fragment de texte est une tâche quasiment impossible, mais la police fit de son mieux. Le message crypté fut envoyé à la Naval Intelligence, terre promise de l'élite des cryptographes australiens, et la police autorisa sa publication dans la presse. Il y eut alors une frénésie des cryptographes amateurs, mais leurs solutions n'avaient aucune valeur. La Navy en vint à la conclusion que le code était impénétrable.


Jestyn est décédée il y a quelques années sans révéler pourquoi elle avait failli perdre connaissance lorsqu'elle avait vu le visage de la victime. Et lorsque le médecin légiste publia son ultime rapport en 1958, il admit : Je suis incapable de dire qui était le défunt, je suis incapable de dire comment il est mort et quelles en furent les causes.
L'affaire est toujours considérée comme « ouverte » au sein du département des homicides de la police d'Australie du Sud. Malgré de nombreuses recherches tout azimut, le mystère reste entier à ce jour...

  

Le mystère sur le point d'être résolu 73 ans plus tard
Ce 19 mai 2021, le corps de l'homme de Somerton a été exhumé au cimetière de West Terrace à Adélaïde et emmené au laboratoire Forensic Science SA, où des experts tentent d'établir un profil ADN. Mais cette exhumation ne vise pas seulement à clore le dossier de l'une des affaires les plus intrigantes d'Australie, comme le précise le commissaire Des Bray. Il est important que tout le monde se souvienne que l'homme de Somerton n'est pas seulement une curiosité ou un mystère à résoudre. C'est le père, le fils, peut-être le grand-père, l'oncle ou le frère de quelqu'un, et c'est pourquoi nous faisons cela et essayons de l'identifier, a-t-il déclaré à la presse locale.
Nous connaissons des personnes qui vivent à Adélaïde et qui pensent avoir un lien de parenté avec lui. Et ils méritent d'avoir une réponse définitive.
C'est notamment le cas de Rachel Egan qui pense être la petite-fille de l'homme de Somerton. Qu'il soit apparenté à l'un d'entre nous ou non, nous l'avons en quelque sorte adopté dans notre famille, a déclaré Derek Abbott, le mari de Rachel, à CNN. La cause de sa mort n'est plus vraiment ce qui nous intéresse. C'est plutôt qui il était et si on peut lui rendre son nom.

Le commissaire Des Bray a déclaré que de nombreuses théories avaient été avancées au fil des ans, mais que personne ne connaît la vérité. On a évoqué l'idée qu'il était un espion russe, qu'il était impliqué dans le marché noir, ou qu'il était marin, a-t-il expliqué.
Les gens ont fait de leur mieux dans le passé, tout le monde a fait tout ce qu'il pouvait pour résoudre l'affaire, mais ils n'y sont pas parvenus.

Comme le rappelle Anne Coxon, la directrice adjointe de Forensic Science SA, la technologie moderne est à des années-lumière des techniques disponibles lorsque le corps a été découvert à la fin des années 1940. Les tests de cette nature sont souvent très complexes et prendront du temps, a-t-elle déclaré. Cependant, nous utiliserons toutes les méthodes à notre disposition pour tenter de mettre un terme à cette énigme.
Vickie Chapman, la procureure générale d'Australie-Méridionale, qui a autorisé l'exhumation, a déclaré que l'équipe de Forensic Science SA était bien équipée pour mener à bien cette tâche difficile. Pendant plus de 70 ans, les gens ont spéculé sur l'identité de cet homme et sur la façon dont il est mort, a-t-elle déclaré. C'est un mystère persistant, mais je crois que, finalement, nous pourrons découvrir quelques réponses.

Cette affaire s'inscrit dans le cadre de l'opération « Persevere », qui vise à mettre un nom sur tous les restes humains non identifiés en Australie-Méridionale.

Sarah Winkel pour 7sur7 - Source : CNN, The Guardian

  

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The poison garden - le 12.05.2021 » 10:42 par   Chantal_Belgique

Laurier hautement toxique, fleurs de belladone et de cigüe, arbrisseaux de ricin commun, brugmansia...
Ici, pousse des plantes dangereuses, voire mortelles. C'est « Le Jardin des Poisons ».



Verrouillé derrière des portes en acier dans le Northumberland, en Angleterre, le Jardin des Poisons du château d'Alnwick fait pousser environ 100 plantes toute vénéneuses.
Cette idée, on la doit à Jane Percy qui, en 1995, est devenue duchesse de Northumberland, un comté du nord-est de l'Angleterre, son époux ayant hérité du château d'Alnwick, siège traditionnel du duc de Northumberland. En s'installant au château, la duchesse se mit en tête de rénover le jardin du château. Bien qu'il ait été un espace majestueux et grand dans son passé, le jardin est tombé en ruine au cours du 20ème siècle. Il avait été retourné pour la culture dans le cadre de la campagne « Dig for Victory* » pendant la seconde guerre mondiale, et a par la suite souffert de l'austérité d'après-guerre, se fermant comme jardin public en 1950.
Dig for Victory* : La campagne «Dig for Victory» a été mise en place pendant la Seconde Guerre mondiale par le ministère britannique de l'Agriculture. Les hommes et les femmes de tout le pays ont été encouragés à cultiver leur propre nourriture en période de rationnement difficile. Partout, les espaces ouverts ont été transformés en lotissements, des jardins domestiques aux parcs publics, même les pelouses à l'extérieur de la Tour de Londres ont été transformées en potagers. « Dig for Victory » visait à la fois à s'assurer que les gens avaient assez à manger et à maintenir le moral au plus haut.


C'est ainsi que, dès 1996, la duchesse Jane Percy recrute un architecte paysagiste belge, Jacques Wirtz, qui a déjà travaillé aux Tuileries et dans les jardins de l'Elysée et tous deux vont réinventer le jardin d'Alnwick.
Comme la duchesse de Northumberland déteste le conformisme et ne veut pas faire quelque chose de convenu, à l'image des autres jardins de la campagne anglaise, elle songe à ajouter aux jardins traditionnels un espace différent et inhabituel. Au début, elle pense créer un jardin d'apothicaire, mais lors d'un voyage en Italie, une nouvelle idée germe dans son esprit. C'est lors de la visite du fameux « jardin des poisons des Médicis » que Jane Percy songe à concevoir un jardin de plantes tueuses. Cette idée se confirme lorsqu'elle visite ensuite le site archéologique du plus grand hôpital de l'Écosse médiévale, où elle découvre les éponges soporifiques imbibées de jusquiame, d'opium et de pruche servant à anesthésier les amputés pendant les opérations au 15ème siècle.




La duchesse entreprend donc de recueillir des plantes vénéneuses de toutes origines et elle en sélectionne une bonne centaine avec un seul critère : ces plantes doivent raconter une histoire. Pour la duchesse, cela veut dire que des plantes tueuses exotiques comme le brugmansia d'Amérique du Sud se mêleraient à des poisons plus communs comme les haies de laurier rose. Car, ce qu'ignore souvent le public, c'est que les plantes toxiques sont courantes. La haie de laurier rose, très présente dans les jardins, est ainsi très toxique.
Lancé en 2004, Le Jardin des Poisons est devenu l'attraction d'Alnwick Garden. L'espace dangereux est bien délimité, au milieu de cette oasis verte innocente, par un panneau au message sans ambiguité indiquant ce qui se cache à l'intérieur : « These plants can kill » « Ces plantes peuvent tuer ».



Après cette dramatisation de l'entrée, les visiteurs, obligatoirement en groupe accompagné d'un guide peuvent, 15 minutes durant, découvrir et admirer une centaine d'espèces végétales aussi esthétiques que dangereuses pour la santé. Les plantes aux effets narcotiques voire toxiques pour les humains sont cultivées dans un décor savamment orchestré. Les espèces les plus dangereuses sont placées en cages. Le parcours est, comme dans les autres parties du jardin, animé par des oeuvres d'art et des installations formant des bosquets. A la fin de la visite, un petit livret de prévention est remis aux visiteurs.
Il est bon de savoir que le site est filmé jour et nuit pour éviter tout vol de ces plantes dangereuses.

  

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L'affaire Elisa Lam - le 10.04.2021 » 18:51 par   Chantal_Belgique

L'affaire Elisa Lam désigne la mort dans des circonstances non encore élucidées d'une Canadienne d'origine hongkongaise dans un hôtel de Los Angeles. L'étrangeté de ce décès ainsi que le passé de l'hôtel ont contribué à la médiatisation de l'affaire aux États-Unis, au Canada et dans le monde asiatique.




L'affaire
Janvier 2013. Elisa Lam, Canadienne de 21 ans est étudiante à l'université de la Colombie-Britannique à Vancouver. S'étant octroyée une pause dans ses études, elle voyageait seule en Californie aux États-Unis. Elisa maintenait un contact quotidien avec ses parents restés en Colombie Britannique. De plus elle publiait un grand nombre de photos de son périple sur les réseaux sociaux. Cependant le 31 janvier 2013, jour où elle était censée quitter son hôtel le Cecil Hotel de Los Angeles pour Santa Cruz, ces parents n'eurent plus de nouvelles d'elle. Ils contactèrent la police de Los Angeles.
Le 19 février, des clients s'étant plaints de la faible pression de l'eau et de l'aspect inhabituel de celle-ci, le service de maintenance monta sur le toit de l'hôtel inspecter un réservoir et y découvrit le corps nu d'Elisa avec la majorité de ses vêtements et effets personnels.


Cecil Hotel



Le Cecil Hotel a été construit par William Banks Hanner en 1924, avec l'idée de créer un écrin art déco qui accueillerait touristes et hommes d'affaires. 100 millions de dollars sont investis dans cet hôtel de 700 chambres, tout en vitraux et marbre. Mais voilà, Cecil Hotel fut frappé de plein fouet par la Grande Dépression des années 1930 et ne retrouva jamais sa clientèle. Il devint un hôtel à petit budget pour les voyageurs de commerce puis abrita par la suite une population de plus en plus défavorisée.
L'hôtel est connu pour avoir un passé particulièrement sulfureux. En effet, plusieurs des meurtres les plus notables de Los Angeles sont survenus à l'hôtel ou ont un rapport avec lui. Ainsi, on estime qu'il fut le dernier arrêt d'Elizabeth Short, jeune femme américaine en quête de célébrité, victime de l'affaire non résolue la plus connue de la ville, celle du « Dahlia noir » en 1947. Autre crime non résolu, en 1964, Goldie Osgood, la « femme au pigeon de Pershing Square », fut violée et assassinée dans une chambre de l'hôtel. Il fut aussi la résidence des tueurs en séries. Ainsi dans les années 1980, le serial killer Richard Ramirez y séjourne pendant plusieurs semaines, au summum de sa folie meurtrière. Avec 13 assassinats à son actif, il a fait régner la terreur à Los Angeles de 1984 à 1985, pénétrant en pleine nuit dans le domicile de ses victimes, pour les violer ou les tuer. Dans les années 90, c'est l'Autrichien Jack Unterweger qui y réside, officiellement pour écrire un livre, officieusement pour s'attaquer aux prostituées du coin.
Après avoir fait l'objet de rénovation en 2011, bénéficié d'un nouveau nom « Stay On Main Hotel » pour une partie de l'établissement, le lieu continue tout de même d'être rattrapé par sa malédiction. En 2013, le corps d'Elisa Lam est découvert sur le toit de l'établissement, dans l'un des réservoirs d'eau.


La disparue
Soignée pour trouble bipolaire – un trouble mentale provoquant de violentes variations d'humeur – et dépressive, Elisa était en souffrance et craignait que sa maladie ne l'emporte sur ses études. Elle l'avait d'ailleurs mentionnée dans son blog en publia entre autre, en janvier 2012, un article intitulé « Tu es toujours hanté par l'idée que tu gâches ta vie » d'après une citation de l'écrivain Chuck Palahniuk.
Suite à une énième rechute qui l'avait une fois de plus obligée à manquer de nombreuses heures de cours universitaires, elle décida de s'octroyer une pause et de voyager dans le sud de la Californie. Sur Tumblr* elle explique qu'elle a prévu de s'arrêter à San Diego, Los Angeles, Santa Cruz, San Fransisco, et peut-être San Luis Obispo si le temps lui permettra.
Nous sommes en janvier 2013. Elisa voyage seule et prend le train ainsi que des bus inter-city pour se rendre à destination. Elle publie des photos des endroits où elle s'arrête, dont des images en provenance du zoo de San Diego. Arrivée à Los Angeles, le 26 janvier 2013 elle loue une chambre au « Cecil Hotel » tout près du centre-ville. Elle maintient un contact quotidien avec ses parents restés en Colombie Britannique, mais le 31 janvier 2013, jour où elle était censée quitter le Cecil Hotel pour Santa Cruz, ils n'eurent plus de nouvelles d'elle. Ils contactèrent la police de Los Angeles
Les employés de l'hôtel qui l'avaient vue ce jour-là affirmèrent qu'elle était seule. En dehors de l'hôtel, la gérante d'une librairie voisine, est l'unique personne à se souvenir d'avoir vu Elisa ce jour-là en quête de cadeaux. La police fouilla l'hôtel à la limite de ce que la loi leur permettait de faire. Elle utilisa également des chiens pisteurs capables de déceler l'odeur d'Elisa... sans succès. La disparition ne fut pas jugée alarmante car de tels faits sont courants dans une ville de la taille de Los Angeles.
Néanmoins, le 6 février 2013, la police alerta les médias...

*tumblr : Tumblr est une plate-forme de « reblogage » (rebloguer > modifier) créée en 2007 et permettant à l'utilisateur de poster du texte, des images, des vidéos, des liens et des sons sur son tumblelog. Elle s'appuie principalement sur le reblogage. Son slogan est : Venez pour voir ce que vous aimez. Restez pour ce que vous découvrirez.


La vidéo



Après des semaines de recherche d'indices en vain, le 13 février 2013 les autorités diffuse une vidéo d'Elisa Lam entrant et sortant de l'ascenseur de l'hôtel dans l'espoir qu'elle conduirait à des réponses.
On y voit Elisa Lam entrer dans l'ascenseur du Cecil Hotel. L'heure est imprécise, car le minuteur qui figure sur la partie inférieure de la vidéo est illisible. La Canadienne appuie sur un bouton avant de s'immobiliser mais la cabine ne bouge pas. Puis, elle se blottit contre la paroi de l'ascenseur de façon à ne pas être repérée depuis le couloir. Elle passe pourtant une tête dans le corridor peu après, en regardant furtivement à gauche et à droite. La voyageuse se sent à l'évidence traquée. Elle finit par regagner la sécurité de l'ascenseur où elle appuie cette fois-ci frénétiquement sur les différents boutons mais à nouveau rien ne se passe. Elle sort une nouvelle fois et la scène prend une tonalité presque irréelle. Elisa Lam se plie, joue curieusement des bras, retourne ses mains, semble parler et se courber devant un interlocuteur invisible. Encore quelques instants et elle quitte le champ de la caméra de surveillance en prenant le couloir à gauche. L'ascenseur se manifeste alors, ses portes s'ouvrant et se fermant plusieurs fois sur cette énigme.


La médiatisation
Après sa publication sur internet le 14 février 2013, la dernière vidéo d'Elisa Lam devient virale, intriguant certains internautes qui cherchent alors à résoudre l'énigme de ses derniers instants. Son comportement étrange est ainsi sujet à de nombreuses interprétations, allant des troubles bipolaires dont elle aurait souffert à l'implication de phénomènes paranormaux.

L'affaire a d'ailleurs inspiré un grand nombre de cinéastes et de chanteurs. Ainsi, dans le courant du mois de mai 2013, soit quelques mois après les faits, un épisode de la série Castle intitulé « Jeu de dupes » en est inspiré. Il relate l'histoire d'une jeune étudiante retrouvée morte dans un réservoir d'eau sur le toit d'un hôtel lugubre le Cedric Hotel. Moins d'un an après, « Hungry Ghost Ritual », un film d'horreur hongkongais, incluait une scène apparemment inspirée par la vidéo de l'ascenseur.
En 2014, le groupe de pop rock canadien The Zolas a rendu hommage à Elisa Lam dans la vidéo musicale de leur chanson « Knot in My Heart ». En 2017, le chanteur américain Mark Kozelek nie la mort d'Elisa Lam et même sa présence au Cecil dans « Stranger Than Paradise ».
Plus récemment, fin 2020, les images de l'ascenseur ont refait surface sur TikTok. « Une mort qui me laisse perplexe », peut-on lire en légende sous la vidéo. La vidéo montre les images originales de l'ascenseur mais n'offre aucune nouvelle preuve. Par contre elle a été partagée des milliers de fois.
Et pour sa part en février 2021, la nouvelle anthologie Netflix de la série Scène de Crime « La disparue du Cecil Hotel » se penche sur la terrible histoire qui se cache derrière la vidéo, destinée à aider à retrouver une personne disparue. La série documentaire ne laisse rien au hasard, examinant même les théories les plus farfelues pour aider à atténuer la célèbre et macabre réputation de l'affaire. En fin de compte, la série arrive à une conclusion bien plus rationnelle qui sera probablement encore contestée par certains.

Elisa Lam est morte, mais, 8 ans plus tard, Internet tente de maintenir son dossier en vie. C'est peut-être le rare point positif de cette vidéo qui est devenu virale. Il y a encore beaucoup de gens qui croient que Lam mérite la justice. Ce que la série documentaire Netflix prouve, c'est que le cas d'Elisa Lam doit être résolu.

  

Internet a contribué à éveiller l'intérêt, puis l'obsession, pour l'affaire Elisa Lam
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